CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

Docteur un cheval vous attend

Dufihlo André

date de publication : 1995

Edité par : La Table Ronde
Numérisé par : CHAR
  mise en ligne : lundi 10 mars 2008


Extraits de "Docteur un cheval vous attend" d’André DUFIHLO
Mémoires d’un médecin du Pays Basque Saint Etienne de Baigorry 1936-1949

Aussitôt arrivé à Zaldiaenia, je monte dans la chambre, accompagné de la grand-mère pour examiner sa petite fille. La jeune femme est brune avec des yeux très clairs. Elle commence à bien souffrir, mais il n’y a qu’un début de dilatation avec un col épais. C’est normal, puisque l’enfant est en position transverse.

Je prévois avec la grand-mère et madame Carricaburu, femmes solides qui en ont vu bien d’autres, tous les préparatifs pour l’anesthésie qùand il sera temps d’agir....

Les douleurs sont encore espacées, régulières, et la dilatation, peu avancée, évolue normalement, ce qui me permet, après trois quarts d’heure d’attente, de commencer l’anesthésie.
- Tenez—lui bien les jambes, madame.

Puis à la patiente :
- Je vais vous faire dormir quelques minutes, et vous ne sentirez rien. Je vous le promets.

Très rapidement, avec quelques bouffées de Kélène sur le petit masque à la compresse, la femme dort. Je confie l’appareil d’anesthésie à la grand-mère. Je lui ai montré comment tenir l’angle de la mâchoire bien propulsé en avant pour dégager le passage de l’air, et la tête bien relevée en hyper extension.

Encore un nettoyage et un savonnage soigneux des mains et je passe au travers du col à la recherche de l’enfant avec ma main droite. Mais le précieux liquide anesthésique, confié à l’autre dame, est versé trop généreusement et se trouve déjà presque épuisé ! Je parviens juste à attraper le membre inférieur gauche et le faire descendre, puis le bras droit. Peu à peu j’arrive à abaisser ce bras et l’extraire, puis le gauche et enfin la tête par la manoeuvre habituelle, alors que la femme se réveille et se détend inconsciemment

L’enfant crie aussitôt. La grand-mère ôte le masque.

L’atmosphère est détendue et heureuse alors que la grand-mère, toute fière, habille le bébé.

<< Gaichoa Médikia ! Se habila ! >>