CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

L’ homme sans douleur

Miller Andrew

date de publication : 1998

Présentation rédigée par Hotton Jacques

Edité par : Albin Michel
  mise en ligne : lundi 10 octobre 2011


Référence Bibliographique :

Andrew MILLER
L’ HOMME SANS DOULEUR
ALBIN MICHEL ,1998

Commentaire

Né en 1739, James Dyer est un être différent : il ne connaît pas la douleur…. Surdoué, il s’extraira de son enfance misérable pour devenir un brillant chirurgien… Et nous fait découvrir ici le secret des merveilleuses « éponges somnifères » …. 


Au flanc du presbytère est la serre du révérend, un bâtiment modeste où l’on se doit tenir tête baissée ; peaux et bacs s’y entassent dans la touffeur des géraniums. James s’y est ménagé un coin destiné à ses expériences et il est heureux de constater que ses plans de chanvre indien, dans leur terreau paillé, ont survécu aux nuits de gel.

Il vérifie ses éponges sur la claie, balaye les prémices d’une toile d’araignée, pend l’une des plus petites éponges qu’il fourre dans sa poche.

Ces éponges sont sa joie, le plus beau fruit – dieu sait pourtant combien perfectible – de ses travaux sur les analgésiques. Voilà six mois qu’il y travaille, depuis qu’il a écrit à Jack Cazotte de Douvres……

Trois semaines plus tard un paquet arrivait, odorant, soigneusement emballé, le premier d’une longue série. Il y a eu des herbes, des graines, des mélanges, et les conseils de Cazotte, des passages copiés d’une main sûre dans les ouvrages savants auxquels il n’avait pas accès. C’est ainsi que, de Pline, il a appris les vertus de la mandragore, dont la racine, macérée dans le vin, constituait autrefois un remède qu’on administrait aux torturés dans des intentions charitables ou cyniques.

Il a mêlé le vinaigre et la myrrhe d’Asie pour concocter, avec une étrange exaltation, le breuvage qui fut offert, au Christ en croix – offert et refusé -.

La recette des éponges lui vient d’un manuscrit datant de Guillaume le Conquérant : chacune est plongée dans une décoction d’opium, de jusquiame fraîche, de mûre verte, de graines de laitue, de ciguë, de mandragore et de lierre. Imprégnées de ce précieux chargement, les éponges sont mises à sécher au soleil ; il suffit de les mouiller pour s’en servir…..


On ne peut que recommander sur ce thème l’excellent roman historique d’ Antonio Garrido "Le lecteur de cadavres" (Grasset 2014). L’histoire nous relate la vie de celui qui allait devenir , dans la chine imperiale ( http://www.char-fr.net/Memoires-d-u... ), le tout premier médecin légiste au monde, Song- Ci. L’ouvrage est particulièrement bien documenté sur les fondements de tous les domaines de la médecine légale ; On sait l’interet que portent les anesthésistes à la médecine légale, certains d’entre nous possedant d’ailleurs la double compétence. Dans cette présentation romancée, le heros est en outre atteint d’une forme rare d’anesthésie cutanée, aujourd’hui identifiée sous le nom de CIPA (Conjenital insensivity to Pain with Anhydrosis), méconnue du plus grand nombre. ( voir PortFolio)

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